Naser Haghamed, CEO Islamic Relief Worldwide

Vos Excellences, Mesdames, Messieurs,

Plusieurs d’entre vous ont fait état, lors de vos discours, des statistiques tragiques dont fait l’objet la population en grande souffrance du Yémen.

 

 

L’année dernière, lorsque je me suis rendu au Yémen et que j’ai visité quelques-uns des 155 centres de nutrition et de santé soutenus par Islamic Relief, j’ai pu rencontrer les personnes qui se cachent derrière ces horribles chiffres, des enfants trop faibles pour pouvoir pleurer, des femmes tellement malnutries qu’elles ne pouvaient allaiter.

Je suis toujours hanté par tous ces visages. Cependant, je garde espoir en sachant que nos équipes aux côtés d’autres ONG sont en train de travailler d’arrache-pied afin de fournir une aide humanitaire exceptionnelle aux millions de yéménites du nord au sud du pays.

En collaboration avec le PAM (Programme Alimentaire Mondial), Islamic Relief a procuré une aide alimentaire et une aide d’urgence mensuelle à plus de 2 millions de personnes au Yémen. Afin de soutenir une économie paralysée et toutes ces personnes qui n’ont pas d’aides sociales sur lesquelles se rabattre, nous menons aussi des programmes de développement durable à Sanaa et Hodeida dans le Nord et Dhammard ans le Sud du Yémen.

Ceci est une évidence. L’aide humanitaire d’urgence continue d’atteindre les populations les plus vulnérables.

Malgré les besoins énormes, les coupes budgétaires menacent gravement ces bouées de sauvetage vitales que fournissent les organisations d’aide internationales.

Les prix des denrées alimentaires ne cessent d’augmenter tandis que les fonds d’aide nécessaires diminuent de manière drastique. Cela signifie qu’un colis alimentaire qui est censé faire tenir une famille pendant un mois devra durer deux mois maintenant. Avec plus de 15 millions de personnes déjà aux bords de la famine, il ne peut y avoir qu’un seul résultat : la mort de nombreuses personnes. En 2020, nous intensifions nos efforts et nous nous engageons à dépenser au moins 5 millions de dollars pour renforcer la réponse sur le terrain mais cela reste insuffisant comparé à ce dont le Yémen a réellement besoin. Seuls les donateurs à travers le monde peuvent combler le manque.

Le Coronavirus rend les choses encore plus difficiles. Des millions de personnes au Yémen, surtout ceux ayant dû fuir leur domicile, ne comptent que sur l’aide humanitaire qui rencontre encore plus de difficultés avec le confinement.  Les dons s’amenuisent ce qui plongent des milliers de familles dans une pauvreté absolue. Au lendemain de la pandémie, cela pourrait créer autant, sinon plus, de souffrances que le Covid-19 lui-même. Bien que ce virus soit mortel, nous ne devons pas détourner notre attention de nos missions premières d’aide d’urgence.

Le soutien suite à la pandémie de coronavirus devrait être additionnel et non remplacer les fonds déjà existant. La priorité doit être accordée aux programmes d’urgence tels que les distributions de nourriture, l’accès à la santé, à l’eau, à l’assainissement, ainsi qu’à la sensibilisation à l’hygiène.

Pour répondre à cette menace croissante, je ne peux que réitérer le message de diverses ONG : la communauté internationale doit appuyer financièrement les programmes d’aides humanitaires au Yémen.

Nous redoublerons d’efforts jusqu’au terme de ce conflit et continuerons de répondre aux besoins humanitaires du Yémen.  Vous restez leur dernier espoir.

Merci beaucoup.

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